
Aujourd’hui, pour trouver des commerciaux, les entreprises se tournent de plus en plus vers Internet. Les nouvelles technologies permettent en effet de recruter rapidement. Le "chat recrutement" prend d’ailleurs de l’ampleur. Pas seulement réservées aux grandes sociétés, ces "rencontres virtuelles" donnent la possibilité d’attirer différemment les candidats et de cerner leurs attentes. Mais se révèlent-elles être un simple phénomène de mode ou un moyen d’embaucher qui en vaut le coût ?
Mise en place par des entreprises sur leur propre site ou via des sociétés organisatrices de chat comme sourcea.fr ou canalchat.com, cette nouvelle solution de recrutement est originale. « Je trouve le support très intéressant », indique Julie Bernard, chargée de recrutement chez Aelia (acteur sur le marché du commerce aux voyageurs). D’autres entreprises réalisent ces chats sur leur propre site. C’est le cas de Club Med qui a dû, pour faire connaître l’opération, communiquer dans la presse quotidienne et sur keljob.fr. Ces communications interactives permettent aux candidats d’avoir la meilleure vision possible d’un secteur ou d’un métier. Ce moyen instaure d’ailleurs une certaine proximité entre postulants et recruteurs. « Ces échanges durent en moyenne 30 minutes. Ils sont complémentaires à la diffusion d’une annonce et peuvent faire naître de nouvelles vocations auprès des jeunes découvrant des nouveaux emplois. » Les recruteurs présentent leur société. Ainsi, les participants peuvent voir quelle entreprise leur correspond le mieux. « C’est dynamique et nous avons l’occasion de répondre directement aux candidats, à leurs inquiétudes. Nous parlons notamment de la politique de l’entreprise, des opportunités de recrutement, sujets que nous ne pouvons en général aborder que lors des entretiens », souligne enfin la chargée de recrutement Aelia.
Satisfaction assurée ?
Pour Julie Bernard, le "chat recrutement" est un outil de communication avant d’être un moyen de recrutement. « On ne peut pas donner une estimation exacte du succès de ces chats. Cependant, je pense que c’est un moyen qui est destiné à perdurer ». Mais pour s’installer dans le temps, encore faut-il que les entreprises s’investissent réellement dans la démarche. Car, pour le Club Med, l’expérience ne s’est vraiment pas révélée fructueuse :« nous n’avions pas mis assez de temps pour organiser cet événement. Toutefois, en étant mieux préparés, il est possible que nous renouvelions ce type de chat », confie Audrey Rousse, chargée de communication au Club Med. Le chat recrutement demande donc une préparation et a bien sûr un coût. « Pour un chat, nous facturons 5000 euros la prestation », indique Jean-Marc Solal, PDG de Canalchat. Cependant, cela peut être un investissement à faire si vous souhaitez renouveler votre force de vente. Car « la majorité des chats est destinée aux commerciaux ou aux managers ».
Côté candidats
Ce mode d’embauche sensibilise les chaters. Ils ont une bonne image des entreprises qui organisent ces échanges interactifs. Chez Aelia, on explique que « les échos des candidats ont été très satisfaisants ». Le "chat emploi" est aussi efficace pour séduire les étudiants. La communication électronique attire les jeunes diplômés se destinant au métier de commercial. Elle permet aussi de recruter une force de vente expérimentée. Sur Sourcea, 19 % des participants ont entre 30 et 40 ans et 7 % d’entre eux ont plus de 50 ans.
Ainsi, cette nouvelle façon de communiquer et de recruter connaît un franc succès auprès des entreprises privées et publiques. Des chats ont ainsi été organisés sur les sites du Ministère de l’Intérieur, de l’Armée de terre, de BNP Paribas, de Renault, de Total... Mais les PME peuvent - et doivent ! - aussi tenter l’expérience. D’autant que le chat recrutement est un bon moyen de se forger une image d’employeur moderne.
Elodie Moreau