
Finie l’époque où faire carrière signifiait passer 20 ans dans la même entreprise et accrocher fièrement une médaille du travail au revers de sa veste ! Les cadres décisionnaires des entreprises n’ont plus les mêmes aspirations et se révèlent beaucoup plus mobiles qu’on ne le croit. Ceux exerçant au sein des directions commerciales y compris, puisqu’un tiers d’entre eux a changé de poste et qu’ils ne comptent peut-être pas s’arrêter là.
La deuxième édition de MobiCadres est parue. Ce baromètre, qui permet de mieux connaître la mobilité des décideurs et leurs trajectoires de carrière, confirme cette année encore que les décideurs commerciaux (qui représentaient près d’un quart du panel) restent très ouverts aux opportunités d’évolution, aussi bien en interne qu’en externe. Preuve en est : alors que le taux de mobilité global est de 27,8 %, 33 % des décideurs des directions commerciales ont déclaré avoir changé de poste entre le 1er septembre 2006 et le 31 août 2007 (30 % pour les cadres sup’ du marketing). Et la mobilité appellant la mobilité, près d’un décideur sur deux venant de changer de travail, aurait l’intention de se tourner vers une autre entreprise au cours des prochaines années. Quand à ceux encore en poste, eux aussi envisagent de mettre leurs compétences au service d’un autre employeur à moyen terme. Ainsi, les évolutions en interne ne sont pas majoritaires : seuls 44 % des directeurs de la fonction commerciale décrochent une promotion.
Un peu plus de 3 ans
C’est la durée moyenne à laquelle un décideur reste en poste. 3,4 ans précisément, contre 3,6 ans lors de la précédente étude). Pourquoi si peu de temps ? Les raisons qui les poussent à aller voir ailleurs sont diverses : une rémunération plus attractive bien sûr, bien que cela ne soit pas le critère prédominant (la rémunération n’arrive qu’en troisième position parmi les réponses les plus souvent citées par les décideurs, toutes directions confondues). Ce qui les motive avant tout, c’est l’envie d’évoluer et de donner à leur carrière un nouvel élan. Mais la possibilité d’étendre son champ de compétences est également évoqué. Tout comme l’idée de devenir actionnaire de son entreprise, voire associé.
Une situation professionnelle actuelle jugée globalement satisfaisante
Même si dans l’ensemble, les décideurs (mobiles ou non) font un bilan positif de leur poste actuel, on note un décrochage de l’opinion des femmes concernant leurs perspectives et leurs possibilités d’évolution au sein de leur entreprise. L’indice de confiance des hommes s’élève à 70 % quand celui des femmes est à 60 %. Les femmes sont donc plus enclines à envisager un changement d’entreprise à moyen terme (64%) que les hommes (57%). Rappelons que 1 décideur sur 5 est une décideuse.
Le commercial, une fonction tremplin
55,4 % des décideurs commerciaux ayant été mobiles restent dans leur famille de profession. Plus de 30 % accèdent à un poste stratégique au sein de la direction générale (alors que ce n’est le cas que pour 16 % des cadres supérieurs de la fonction marketing). Une poignée se tourne vers la communication et le marketing, tandis que quelques-uns osent se lancer dans les directions opérationnelles, les départements financiers et juridiques voire au sein de la DRH ou des Achats. Preuve que la fonction commerciale est un tremplin vers d’autres métiers.
Yasmina Haddou-Essom
Méthodologie de l’étude :
4675 décideurs ont été interrogés pour cette étude annuelle créée par Nomination, en partenariat avec Oasys Consultants.
Leur mobilité a été observée sur une période d’un an.
Par la famille « directions commerciales », l’étude entend direction commerciale / business unit ; direction distribution, région et réseau ; conseil externe. |
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