
Avec plus de 15 millions d’avatars créés, Second Life représente un vivier de candidats potentiels pour les recruteurs. Notamment dans l’univers de l’informatique et la sphère commerciale. En quête de nouveaux talents, plusieurs entreprises ont ainsi peu à peu investi le monde virtuel en 3D. Mais toutes n’ont pas récolté les mêmes succès.
Entrer dans Second Life, c’est en accepter les règles du jeu. Et commencer par réfléchir différemment, même en matière de recrutement. Cet univers virtuel où règne le « Linden Dollar », n’est pas un media où l’on diffuse une annonce, mais un lieu entièrement imaginé et créé par ses résidents. Un monde en 3D où les internautes conçoivent leurs avatars, mais aussi les édifices dans lesquels ils évoluent. Des personnages qui se rencontrent, échangent et vivent littéralement une seconde vie. Ils sont plus de 15 millions aujourd’hui à se retrouver dans ce monde parallèle.
Lancé en 2003, Second Life commence peu à peu à attirer les employeurs. Accenture, L’Oréal, Unilog, Areva, Cap Gemini, Expectra ou Manpower y ont ainsi créé leur espace de recrutement virtuel. Mais pour attirer, il faut être présent et créer l’événement. « Lorsque vous visitez les espaces des différentes entreprises présentes sur Second Life, vous avez le sentiment de vous retrouver sur leur site alors que c’est un monde en 3D », déplore Thomas Delorme de l’agence TMP Neo, une agence de communication RH. Or, la reproduction du site Internet n’a que très peu de chance de susciter l’intérêt des candidats potentiels sur Second Life.
En revanche, créer un espace animé, avec une personne dédiée, présente à temps plein, capable de parler de l’entreprise et de mener des entretiens virtuels peut constituer un outil intéressant en termes de recrutement. « Pour attirer l’attention des avatars, il faut leur faire savoir qu’on est là, constate Thomas Delorme, il faut communiquer, et pour cela rien de tel qu’un événement. »
Des portes ouvertes virtuelles
TMP Neo a eu l’occasion d’organiser plusieurs journées portes ouvertes virtuelles pour les employeurs présents sur Second Life. L’un de ces événements regroupait huit entreprises, dont Axa, qui cherchaient à recruter pour les trois quarts des ingénieurs et le quart restant des commerciaux : « pour ces derniers, nous avons reçu entre 500 et 600 demandes d’inscriptions. Au final 150 ont participé à la journée. » Une opération durant laquelle recruteurs et candidats se sont rencontrés virtuellement. Des entretiens de vingt minutes où les commerciaux ont eu la possibilité de présenter leur CV différemment face à des recruteurs encore quelque peu déstabilisés par l’étrangeté de l’évènement.
Ces opérations ont clairement été une réussite médiatique, pour autant, elles ne sont pas toujours concluantes en termes d’embauches réalisées. Mais s’ils ne sont pas amenés à remplacer les outils de recrutement déjà en place, Second Life et les réseaux sociaux peuvent toutefois constituer une alternative pour découvrir de nouveaux talents. Ils peuvent notamment se révéler efficaces pour rejoindre les commerciaux souvent éparpillés géographiquement. Une journée portes ouvertes organisée physiquement à Paris, peut ainsi s’avérer plus fructueuse en étant couplée avec une journée virtuelle sur Second Life ou un autre réseau. La directrice du recrutement d’Accenture, qui a tenté l’aventure, indiquait que cette opération leur avait permis de découvrir trois fois plus de profils intéressants qu’avec une annonce classique [1].
Sandrine Guinot
[1] Source : REV COMM