
La dernière étude publiée par Hewitt Associates [1]
est sans appel. Encore aujourd’hui, la voiture de fonction reste l’apanage des dirigeants et des forces de vente. Un avantage qui prend de l’ampleur puisque 90 % des entreprises interrogées attribuent un véhicule de fonction à au moins un de leurs salariés.
Difficile de dissocier la voiture de l’image du commercial, tant elle semble indispensable à l’exercice de cette fonction. Un outil dont les entreprises ont rapidement entrevu la source de motivation qu’il pouvait représenter pour leurs équipes commerciales. « C’est une « carotte » naturelle qui se prête bien à l’esprit de compétition et au goût du challenge de ces professionnels », illustre Philippe Brendel. Pour le directeur de l’Observatoire du véhicule d’entreprise, la voiture a toujours été un élément d’animation et de motivation des forces de vente.
Un mix voiture de fonction/véhicule de société
En matière de véhicules d’entreprise, deux statuts principaux existent. Le véhicule de société ou de service, utilisé uniquement dans le cadre du travail, et la voiture de fonction, qui peut être conduite également à des fins personnelles. La voiture de fonction est un avantage en nature, en cas de suppression, le contrat de travail doit être modifié et le salarié peut le refuser. Ce qui n’est pas le cas pour le véhicule de société, qui peut être retiré en échange d’indemnités compensatoires. Bien souvent, les commerciaux itinérants bénéficient d’une voiture de fonction cependant, comme le précise Philippe Brendel : « on peut également leur attribuer une voiture de société, mais dans ce cas-là, on leur accorde généralement la possibilité de l’utiliser à des fins personnelles ».
Au niveau du mode d’exploitation des véhicules d’entreprise, et ce quelle que soit la fonction du collaborateur, la location longue durée a le vent en poupe. Selon les chiffres TNS Sofres recueillis en 2008 pour l’OVE, 80 % des entreprises de plus de 1 000 salariés et 60 % des sociétés de 100 à 1 000 employés ont choisi cette option. Dans les TPE, c’est l’achat qui remporte le plus de suffrage avec un taux de 78 %.
La puissance cède le pas au confort
Du côté des modèles, pas de grande surprise pour le directeur de l’Observatoire du véhicule d’entreprise : « chez les commerciaux comme pour les autres professionnels, les envies se porteront toujours plus sur une Audi A3, une 308 ou une Golf que sur une Clio ou une 107 ». Cependant, des évolutions semblent se mettre en place.
Normes anti-pollution et carburants en hausse changent également les habitudes des entreprises. Auparavant, étroitement mêlée au prestige, la puissance des véhicules n’est plus au cœur des préoccupations. En revanche, les équipements de confort et les modèles moins énergivores sont de plus en plus en demande. Un phénomène qui risque fort de s’amplifier au fil des années.
Elément à part entière du package salarial
Autre évolution notable ces dernières années, la voiture de fonction, notamment pour les cadres et les commerciaux, tend à représenter une part de plus en plus importante du « pack rémunération ». Selon les chiffres de l’étude de Hewitt Associates, celle-ci atteint 6 % en 2007/2008, contre seulement 3 %, il y a dix ans. Les avantages monétaires ont ainsi doublé en une dizaine d’années.
« Attribuer une voiture de fonction plutôt que de donner une augmentation salariale est bien plus avantageux pour un employeur. Les commerciaux aussi sont gagnants car il faut reconnaître qu’aujourd’hui, la voiture n’est pas un investissement intéressant. C’est plutôt confortable que celle-ci soit prise en charge par l’entreprise », renchérit Philippe Brendel.
Sandrine Guinot
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[1] Guide Voitures de Fonction en France, 2007 - 2008, Hewitt Associates