
Respect de l’environnement, de l’équité sociale, de l’économie locale… seraient-ce les nouveaux critères pour choisir un incentive ? L’événementiel d’entreprise prendrait peu à peu la voie du développement durable, notamment pour les commerciaux. Pour autant, le marché est encore loin d’être au rendez-vous.
Transport, hébergement, restauration et activités : telles sont les composantes de tout incentive. Pour chacune d’entre elles, les critères environnementaux, sociaux et économiques du développement durable peuvent être respectés. Telle est l’idée de l’incentive responsable, comme l’explique Nicolas Blanquet, gérant de Fair Incentive : « nous favorisons par exemple les activités qui mettent en valeur le patrimoine local, nous vérifions que nos prestataires offrent de bonne conditions de travail à leurs employés ». Les hôtels indépendants sont privilégiés, plutôt que les grandes chaînes hôtelières afin que les retombées économiques profitent au tissu local. Du côté de l’environnement, l’avion est proscrit : « l’aérien est 10 à 20 fois plus polluant que le train ou le car », insiste Nicolas Blanquet. Les séjours à l’international sont donc à éviter, tout comme les sports mécaniques. Des hôtels respectant la norme HQE, une restauration biologique basée sur des aliments locaux, autant de détails à vérifier. A la fin de chaque séjour, un bilan carbone prenant en compte toutes ces composantes peut même être fourni.
Calanques, kayak et VTT
Les commerciaux sont les premiers participants de ces incentives responsables, non pas qu’ils sont plus sensibles à la démarche mais tout simplement parce qu’ils sont les plus concernés par les incentives en général. Fair Incentive a, par exemple, récemment organisé un séjour de deux jours pour 250 commerciaux : acheminés en TGV de Paris à Marseille, les participants sont ensuite descendus à pied jusqu’au vieux port, où ils ont pris un bateau pour visiter les Calanques. Après une nuit passée sur une île méditerranéenne, diverses activités étaient prévues pour conclure le séjour : saut à l’élastique, VTT, baby-foot humain, kayak… Prix du séjour : 200 € par jour et par personne. Les tarifs des incentives responsables ne sont pas plus élevés, le surcoût de la nourriture biologique étant compensé par le transport ou les activités.
Un marché en gestation
Divers prestataires se positionnent peu à peu sur le créneau de l’incentive responsable. Rares sont ceux proposant une vaste gamme d’activités, en revanche, plusieurs sont spécialistes dans une activité comme le kayak ou la randonnée. Les grandes agences commencent elles aussi à investir cette niche, l’Anaé (Association des agences de communication événementielle) est par exemple devenue adhérente de la TFD, Tourism For Development, une association luttant contre la pauvreté via le tourisme.
Pour autant, tous ces prestataires seraient en réalité en avance sur leur temps : « à mon sens, le marché n’existe toujours pas, affirme Nicolas Blanquet. Les entreprises nous choisissent pour la nouveauté et l’image mais rarement dans une vraie démarche de développement durable ». C’est donc aux prestataires d’être force de proposition, comme l’explique Marc Rousse, gérant de l’agence Azoka : « Je dirais que nous sommes des éveilleurs. La priorité pour un manager qui commande un incentive est de motiver ses commerciaux, et c’est normal. A nous de lui montrer qu’il peut atteindre ce but en étant responsable, et favoriser du même coup sa communication interne. »
Laure Marcus
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