
Opéras, voyages, concerts, grandes expositions... les incentives culturels ont le vent en poupe et les agences rivalisent d’originalité et de créativité pour proposer de quoi enchanter leurs clients. Aperçu d’un secteur où se conjuguent sens du service et plaisir de la découverte.
« Ce que recherchent les clients avec l’incentive culturel, c’est tout le côté "savoir" ou "connaissance" allié à une dimension ludique et originale, explique Catherine Allès-Pernoud, directrice du département voyage d’Accentiv’ Kadeos. Il faut trouver l’idée qui sort des sentiers battus, mais qui en même temps fait appel à l’imaginaire collectif du groupe à qui elle est destinée. » Il s’agit de proposer un concept original, mais pas trop complexe, pour que tous les participants puissent s’y reconnaître. La société a par exemple organisé une visite de Venise sur le thème de Casanova, ou encore une découverte en vespa de Rome autour des mille et une fontaines de la cité.
Récompenser ou impressionner
Dans ce domaine, il faut distinguer les actions destinées à récompenser les membres de l’entreprise, des actions menées pour « impressionner » un client dans une relation d’affaires. Lors des conventions d’entreprises, qui en général durent trois ou quatre jours, une partie du temps est consacré aux aspects professionnels et l’autre à la détente à travers des activités de découverte culturelle. « En général, on intègre une dimension de challenge au séjour, indique Catherine Allès-Pernoud, c’est un mélange entre activité sportive, culturelle et professionnelle. On propose un programme à plusieurs vitesses dans lequel tout le monde peut se retrouver. »
Un véritable investissement
« Le culturel a un coût assez élevé, explique Erwan Méan de l’agence LBO Evénements, donc en général, nos clients le destinent à des clients importants ou pour récompenser des cadres dirigeants de leur société. » On constate d’ailleurs qu’avec la crise économique, les incentives culturels sont de plus en plus tournés vers les relations d’affaires. « Dans ce cas, l’aspect business est très important, c’est un véritable investissement pour le client », insiste Erwan Méan. La notoriété et la qualité de l’événement vont marquer les esprits, et jouent beaucoup sur le retour sur investissement. Il y a une vraie relation de confiance entre le client et son prestataire sur la qualité du service demandé. C’est d’autant plus vrai que les budgets engagés peuvent être relativement conséquents.
La meilleure prestation possible
Le principe en tant que prestataire d’incentive culturel est d’offrir les meilleures places pour un événement, que ce soit un opéra, un concert classique, une grande exposition ou une première au théâtre, accompagné d’un service réceptif haut de gamme. Même si l’originalité est de mise, il y a des grands classiques qui reviennent d’une année sur l’autre. « Pour autant, cela n’empêche pas les surprises, raconte Erwan Méan. En général, les grands artistes sont très demandés, mais par exemple, cette année, nous avons été sollicités pour le concert d’ACDC, ce qui sort vraiment des demandes habituelles. Ou dans un tout autre genre et tout autre budget, cela peut aller jusqu’à l’organisation d’un concert privé de Roberto Alagna. »
Dans le domaine des destinations, c’est un peu la même chose. « La seule règle est celle de la sécurité, souligne Catherine Allès-Pernoud, après il y a certaines tendances. En ce moment, l’Europe est très demandée. Notre souci est de privilégier l’originalité, ensuite on peut monter une très belle opération à 100 km de Paris. »
Agnès Delavault
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